Ma vie, mon association.

Manuel Taesch est président de la Société du calvaire d’Altrippe depuis trois ans mais membre depuis quinze ans. Photo RL

Adolescent, Manuel Taesch repeignait bénévolement les calvaires de son village natal, Vittersbourg.  « Sur le terrain où j’ai construit ma maison à Altrippe, il y a une croix de pierre ». Peut-être un signe pour ce père de famille, croyant, pratiquant, devenu président de la Société du calvaire Saint-Pierre.

Une association créée dans les années 1980 et entièrement dédiée à cette imposante croix culminant sur la colline à 400 m d’altitude et aux quatorze stations du chemin de croix qui la précèdent. « Ce calvaire a été érigé il y a 118 ans. Émile Colbus était alors curé de la paroisse. L’histoire raconte qu’il aurait été témoin d’apparitions du visage du Christ et qu’il aurait décidé la création et l’érection de ce monument avec deux statues de la Mère douloureuse et de saint Jean à ses pieds », résume le quadragénaire.

Membre de l’association depuis quinze ans, Manuel a coiffé, tour à tour, la casquette de vice-président puis de président il y a trois ans. Un rôle qu’il tient à assurer au mieux.« par respect pour les anciens qui ont œuvré et prié au pied de ce calvaire ».

Dépoussiérer les habitudes

Le bénévole veut également dépoussiérer les habitudes. Pour ses discours par exemple, l’ouvrier de chez Continental ne se limite pas à un « Bonjour, merci, au revoir ». Non, lui préfère surprendre les paroissiens d’Altrippe et d’ailleurs en racontant une histoire, souvent ignorée, comme celle de cette famille endeuillée pendant la Seconde Guerre mondiale. « Les parents Gouth avaient perdu leur fils unique parti combattre sur le front russe. Comme ils n’ont jamais pu récupérer le corps et faute de sépulture, ils ont demandé l’inscription du nom de leur fils sous une des stations du chemin de croix afin d’avoir un lieu où se recueillir », raconte Manuel. Et pour la messe et le repas organisés en plein air en juin prochain, il se penche sur la vie de feue Marie Antoine, « gouvernante du curé et entièrement dévouée au calvaire Saint-Pierre ».

L’association qu’il préside, « c’est une soixantaine d’adhérents, une douzaine de membres actifs, beaucoup de mineurs retraités de 55-65 ans mais aussi des trentenaires, des natifs d’Altrippe », se réjouit-il. Car la mission des bénévoles est non seulement d’organiser le pèlerinage annuel en septembre, la messe de juin, les chemins de croix pendant la période de Carême mais aussi de faucher, fleurir, repeindre, rejointer le monument et les quelque cinquante ares de verdure qui constitue ce site religieux. Pour les 120 ans du calvaire en septembre 2018, Manuel compte sur la présence de l’évêque. « Sachant qu’il est très demandé, je lui ai déjà adressé une invitation pour être sûr qu’il se libère dans deux ans », rapporte-t-il avec un sourire malicieux. 

Dépositaire d’une tradition séculaire, Manuel Taesch continuera un tant soit peu à faire vivre ce haut lieu sacré et à perpétuer les pèlerinages.« Même à dix, on le fera. »

 Et après? « Je ne sais pas. Je ne suis pas le Bon Dieu… ».

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